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dimanche 22 avril 2012

Eco Trail de Paris : Tour Eiffel me voilà !

C'est fait, j'ai pris ma revanche ! J'ai vaincu la dame de fer, je suis venu à bout des 80Km (78 cette année) de l'Eco Trail en cette fin de mois de mars, sous un beau et chaud soleil. Retour sur mon premier ultra de 2012 !

Vendredi 23 mars :

Un peu comme d'habitude avant une course, j'ai pris mon vendredi, histoire de pouvoir récupérer mon dossard et préparer mes affaires tranquillement. En plus, ça permet de passer une journée tranquille et reposante, entre levé tardif et petite sieste en début d'après midi.
Je me rends donc sur le parvis de la tour Eiffel vendredi en fin de matinée, pour récupérer mon dossard. Garé sur le parking en face, je m'engouffre sous le chapiteau, il fait déjà une sacrée chaleur là-dessous ! Déjà l'année dernière je m'étais fait la réflexion, être exposant là dedans toute la journée, ça doit être l'enfer ! Bref, je traverse rapidement la tente et me retrouve devant une gentille bénévole, qui me remet mon enveloppe (comprenant le dossard, le bracelet, des épingles, des infos et des pubs), ainsi que mon "super" cadeau : un tapis de sol ! Tout content avec mon dossard, je ressors aussi sec et me pose 5 minutes dans l'herbe à coté pour farfouiller l'enveloppe, regarder mon dossard, les prospectus... Je me lève pour repartir et je tombe que Laurent, un copain de lycée qui se met au trail. Ce sera le 30Km pour lui le lendemain ! On discute 5 minutes, et là, c'est Val (une ancienne de la RUMBA) et Christian, son ami, qui arrivent. Eux seront sur le 80Km, c'est qu'il faut commencer à se préparer tôt pour affronter l'UTMB cet été ! Ca fait longtemps que je ne les ai pas vu, alors, on discute, on discute, quand je vois la police, carnet à souche à la main. Je repars aussi sec en espérant arriver à temps, mais non ! 35€ qui s'ajoute à l'addition déjà salée de l'inscription (85€ cette année). Il est temps de rejoindre Solen aux Halles pour manger ensemble ce midi. On mange dans un petit resto Italien super bon : au Procopio Angelo, 89 rue St Honoré.
Bon, maintenant, c'est bien beau de jouer au runner en coguette dans la capitale, mais il est temps de rentrer pour une sieste bien méritée ! Après 45 minutes à se reposer sans réussir à m'endormir, je me lève et commence à préparer mes barres sucrées pour demain. Je sors mon fameux "Secrets d'endurance" et commence ma recette préférée, les barres Ultra Trail Alpin. En 5 minutes c'est prêt et mis au frais.
Je me concentre maintenant sur mes affaires. Je vais partir en short et chaussettes hautes de contention pour le bas, et avec mon t-shirt "RUMBA" en haut. Dans le sac, je mets mes manchettes pour le soir et une deuxième paire de chaussettes. J'hésite à emporter une veste, vu la météo annoncée... Je mets ma veste imperméable et mon vieux coupe-vente dans mon drop-bag, je déciderais au dernier moment... Au niveau boisson je pars avec 2 litres d'hydrixir, et je continuerais à l'eau claire. Au niveau du solide j'aurais donc mes barres maison et deux sachets de fruits à coques grillés et salés (noix de cajou, noix de pécan, noisettes...). Plus une mini trousse de secours, le gobelet obligatoire, carte d'identité et un peu de liquide au cas où ça tournerait mal...

Samedi 24 mars :
C'est le grand jour ! Réveil à 8H30, petite douche histoire de se réveiller, puis j'enchaîne sur un bol de riz ! Je suis gêné par l'horaire de départ (12H). Si je me contente de petit déjeuner, j'ai peur d'avoir très vite faim. Comme l'alimentation est encore et toujours un problème pour moi en course, je préfère partir avec un vrai repas (pris quelques heures avant quand même). Mon frère me rejoint, petit café, puis c'est l'heure de revêtir mes habits de lumière ! Sparadrap, nok, je n'oublie rien et c'est tant mieux. Nous partons vers 10H40 et prenons Nico, un copain du club, au passage à Bois d'Arcy. On se gare à l'extérieur de la base de  loisir et nous suivons le flot de coureur. Assez vite nous tombons sur les Leleu's, Val et ses enfants et Christian.
A 45 minutes du départ, pendant les préparatifs
Ça discute sur la course, sur les fringues... Je décide de me rallier à l'avis général et je laisse les deux vestes dans le drop bag. Nous nous dirigeons vers le sas de départ. On dépose les sacs, petite photo de groupe au milieu du chemin (oui, c'était nous les relous) ! Stéphane, un kikoureur "ami d'ami" nous reconnait, Thomas et moi. La grande classe. Je ne le reverrais pas sur la course, j'espère que tout s'est bien passé pour lui ! Arno ne nous a toujours pas rejoint, en revanche, Olivier est arrivé. Les supporters du club, Aurélie, Odile et Manu sont là. Il est temps d'aller se placer dans le sas, alors que le speaker nous mets en garde contre le début très roulant et la température très élevée...
Moi, Olivier, Nico, Anne, Philippe, Val et Christian
Dans le sas, la pression commence à monter. On discute un peu, Philippe et Arno, qui nous a rejoint, prépare leurs caméras, moi, je regarde un peu partout. Je commence à boire, c'est vrai qu'il fait chaud ! On dit au revoir aux accompagnateurs, et on remonte se placer un peu. Quelques interviews des cadors, une minute de silence et la meute est lâchée !

Base de loisir
Et c'est parti ! Chrisitian est déjà loin devant, avec un objectif de 8H (je crois), il s'était placé aux avant-postes. Philippe et Nico filent rapidement, objectif 9H ! Anne et Val partent devant, et nous prennent quelques mètres dans la cohue du départ. Arno, Olivier et moi restons groupés, avec en ligne de mire  10H. Le premier kilomètre est une ligne droite qui doit étirer le peloton (nous sommes un peu de plus de 2 000 à partir). Un vrai champs de patates, il faut faire attention aux chevilles, ce serait dommage de s'arrêter ici... Je suis devant notre petit groupe, sur une moyenne de 5 minutes 30 au kilo. On se surveille les uns les autres, on discute un peu. On rejoint le bord de l'étang après une épingle qui nous fait faire demi tour. Encore beaucoup de monde, même si nous ne sommes pas vraiment gênés. Il faut dire que tout le monde avance bien sur cette partie. On passe à coté d'Aurel, Odile et Manu pour se prendre une première vollée d'encouragement ! Toujours pas de Toto, je me dis même qu'on s'est raté ! D'ailleurs, on ne voit toujours pas  non plus Anne et Val. Et finalement, je vois Thomas sur le bord du chemin, après environ 3 kilomètres.
Arno et moi / Anne et Val, passées quelques minutes avant

Nous sommes toujours tous les trois, on commence à doubler quelques concurrents qui temporisent après un départ un peu rapide. Ils l'ont dit, et ils avaient raison ! Il fait chaud, très chaud. Je bois régulièrement, je commence même à manger après environ 5 kilomètres. Je veux absolument éviter de revivre ma dégringolade de Millau. Et puis pour le moment, ça passe bien. On longe le golf, tout va bien. C'est un chemin où nous courons tellement souvent avec le club que j'ai l'impression d'être en ballade... On sort bientôt de la base de loisir, toujours sur du 5'30 au kilo, on avance bien, voir trop bien ! Finalement, alors que nous approchons de la sortie de la base, on aperçoit Anne et Val devant nous. Il nous aura fallut un peu plus de 8 kilomètres (en 46 minutes) pour les voir. On garde la même allure, on ne va pas sprinter pour les rattraper ! On passe sous la route pour rejoindre le Pas du Lac, sous les encouragements de la Rumba. On mets la pression à Anne et Val à base de "hop hop hop" et de "RUMBA", et on finit par les rattraper dans les marches qui mènent à la passerelle qui traverse les voies de chemin de fer. Cette passerelle, parlons-en ! Elle vibre sous nos foulées, je déteste ça ! Je discute avec Anne, tout a l'air d'aller pour le mieux, c'est cool. On descend vers la gare, Olivier et Arno toujours avec moi. On double un coureur mal-voyant entouré de 3 ou 4 accompagnateurs, chapeau, déjà sur un marathon c'est quelque chose, mais là, avec les chemins caillouteux, les racines, c'est vraiment impressionnant... Cette partie de ville est vite derrière nous, on entre dans un parc, puis on rejoint la forêt. On avance toujours sur un bon rythme. Je sors l'appareil à l'occasion d'un petit single qui longe un lac, mais je vous épargne les vidéos faites à ce moment là...
Olivier et moi / Moi et Arno

Je range l'appareil, petit coup de cul pour traverser une route, comité d'accueil Rumba et nouvelle photo. On pourrait se prendre pour des stars... Tout va bien pour le moment, mais nous n'avons couru que 11,7 kilomètres en 1H06.

Nous rejoignons ensuite la forêt, et les premières montées. Pas énormes, ni très longues, mais ça permet de remettre les idées en place. Le premier ravitaillement approche, et avec lui le début du dénivelé. C'est maintenant principalement Olivier qui fait le rythme, je suis calé quelques mètres derrière lui, et Arno est  quelques mètres derrière moi. Il commence à avoir une ampoule à cause du strap qui maintient sa cheville. Il décide de continuer comme ça jusqu'au premier ravitaillement. J'essaye de boire régulièrement. J'ai vraiment chaud à ce moment, mais l'ombre de la forêt permet de limiter les dégâts. On surplombe les étangs de La Minière, mais on reste sur le plateau. Étonnant d'ailleurs que les organisateurs n'aient pas encore décidé d'augmenter le dénivelé totale avec quelques montées-descentes par ici... Enfin, n'allons pas leur donner l'idée hein... On remonte vers Saint Cyr et l'Epi d'Or, pour redescendre sur les étangs via un single que je prends très souvent et qui longe le camp militaire de Satory. Je ne savais pas que l'Eco passait par là, ça me fait plaisir de passer par des endroits que j'aime bien... Encore quelques kilomètres en forêt et on arrive sur le ravito. Je chercher Maman et Thomas qui devaient essayer de venir ici. Je ne les vois pas en entrant dans l'école. 

Base de loisir - Buc (22Km - 2H09 - 634ème)

Un groupe de musique joue, c'est sympa. Je remplis rapidement ma poche à eau, mange un peu et bois. Je me débarbouille le visage, j'aurais perdu du sel aujourd'hui ! Olivier et moi sommes prêt à partir, nous rejoignons Arno qui s'occupe de son ampoule. Alors qu'il remet sa chaussure, les filles nous dépassent et quittent le ravitaillement.
Rassurez-vous, il simule ! :)
Nous repartons après un arrêt d'environ 15 minutes (je pense) en direction des étangs de La Minière. La petite troupe de la Rumba qui nous suit depuis le début est encore là, et nous annonce la première difficulté. Effectivement, on prend à droite et on monte direct dans la pente ! Nous y sommes ! Juste après le 23ème kilomètre, les choses sérieuses commencent. On marche les mains sur les cuisses et c'est parti. S'en suit un petit enchaînement de bosses, principalement sur des singles. C'est maintenant clair, Olivier fait le rythme et me prends quelques dizaines de mètres à chaque fois, écart qu'il y a également entre moi et Arno. La chaleur et le rythme soutenu commencent à se faire sentir. Au 25ème, surprise, après la clique du club, c'est Maman et Thomas qui sont sur le bord de la route à Jouy. Je suis bien content de les voir. 
On remonte Val, qui se plaint du genou, puis Anne, qui l'attends. On continue sur une partie relativement plate, je me retourne régulièrement car j'ai l'impression qu'Arno lâche du leste. Finalement, sur une petite côte au 30ème (3H13), Olivier marche et m'attends, je limite et Arno recolle. On repart en trottinant, en doublant une joëllette poussée par des pompiers, ça aussi c'est balèze. Ça commence à être dur. Mes souvenirs sont un peu vagues, je ne sais plus exactement où, mais en haut d'une nouvelle montée bien raide, Olivier cale. Alors qu'il faisait le rythme et temporisait en haut pour nous attendre, il n'arrive plus à relancer. Je me retourne, mais rien à faire, on le lâche. Sur le coup, je m'inquiète un peu, je trouve que ce coup de bambou est vraiment soudain. On continue, mais c'est à mon tour d'avoir un coup de moins bien. Je m'accroche, mais je sens que le souffle me manque. La chaleur, le rythme de début de course, tout ça se paye. En haut d'une énième côte bien raide, tandis qu'Arno m'attend, Val et Anne reviennent sur moi. Sur le plat, tout ce petit monde relance, tous, sauf moi. Je n'arrive pas à les suivre. Les jambes vont bien, mais le souffle me manque. Ça devient dur, mais bon, je ne vais pas lâcher maintenant ! Sauf que j'en chie pas mal, et que toutes les côtes me cassent. Je suis sur le parcours que nous avions couru en reconnaissance. Dans une montée, je remonte sur un coureur, t-shirt Runnosphère sur le dos. On se présente, c'est Bastien, alias Djailla ! Son CR est ici.  Toujours sympa de rencontrer en vrai les personnes que l'on suit via les blogs ou twitter ! J'arrive sur un petit single qui passe bien, une belle descente, puis une grosse côte vers le 40-41ème. C'est un vrai calvaire, je dois m'arrêter deux fois pour reprendre mon souffle alors que je marche. Je l'avais faite durant la reconnaissance au mois de février mais elle m'avait paru nettement moins dure (bon, j'avais pas 40 bornes dans les pattes et il devait faire environ 20 degrés de moins...). 
La mi-course est passée, ça me fait toujours du bien de franchir ce cap. Mais bon, même si musculairement ça va, je suis déjà sacrément entamé. C'est d'ailleurs ce que je réponds aux amis qui m'envoient un texto d'encouragement. Même si je me sens déjà cramé, je m'accroche et ne pense pas à m'arrêter. J'ai en tête le point d'eau du 45 ème. Je passe en mode auto, je trottine plus que je ne cours vraiment et j'essaye de gérer au mieux les montées, mais elles me font vraiment mal. Je sors finalement de la forêt et me retrouve dans un verger, avec un magnifique bâtiment sur notre gauche. Les Serres d'Auteuil, nous y voici. Je descends un chemin pavé, puis remonte la pente pour rejoindre le ravitaillement. Quelques marches pour rejoindre le parvis, histoire de s'échauffer en vue de celles de la Tour Eiffel ! Je décide de prendre mon temps. Je  m'assois à l'ombre, bois, refait le niveau de la poche à eau et bois à nouveau. J'en profite pour manger un peu aussi. Je suis assis sur le trottoir, les jambes tendues. Je les mouille et me débarbouille. J'ai du rester entre 5 et 10 minutes. Ce point d'eau a été ajouté cette année, je pense qu'il faut le renouveler pour les prochaines éditions, surtout avec le temps que nous avons eu... Je repars, prends une descente en bitume, puis oblique sur la gauche et grimpe un raidillon pour retrouver la forêt juste derrière. Maman et Thomas m'ont dit être vers l'observatoire de Meudon, ça tombe bien, c'est là que je vais ! Le profil est plutôt descendant jusqu'à Meudon, puis le chemin remonte vers l'observatoire. Apparemment, ils devraient m'attendre après. Alors, je commence à guetter. Mon arrêt au 45ème m'a fait du bien. Surtout que nous retrouvons un profil plutôt plat après avoir contourné l'observatoire. 

Buc - Observatoire de Meudon (26Km (48Km) - 3H41 (5H50) - 586ème (634))

48ème kilomètre, derrière l'observatoire. Un tapis au sol, et des tables le long de la route. Il s'agit du contrôle des sacs. A mon passage vraiment peu de monde. La bénévole ne contrôle pas tout mais simplement le matériel de sécurité : couverture de survie, frontale et piles de rechange. Moins de 15 secondes d'arrêt, parfait. Je repars, mais toujours pas de supporter en vue. Les bienfaits de la pause commence à se faire oublier et je recommence à m’essouffler rapidement. Je trouve cette partie assez longue, je suis tout seul, je n'arrive pas rattraper de groupe, et personne ne revient sur moi. En plus, les supporters se font rares dans la forêt, les kilomètres ont du mal à défiler. Je me focalise sur le prochain objectif, le ravitaillement de Chaville, situé au 55ème. Je cours tant bien que mal, quand j'aperçois Maman et Thomas au bout d'une ligne droite. Yes, ça fait plaisir !
Plein les bottes !
C'est l'occasion de faire une petite pause. Je les rassure sur mon état et en profite pour manger un peu. Je repars assez vite en direction du prochain ravitaillement. Nous devrions nous y retrouver. Après une courte descente, le chemin longe une route empruntée par le Paris-Versailles. Ça me fait prendre conscience du parcours, de tous les détours par lesquels nous passons. Je prends un petit coup au moral, mais le parcours plutôt plat m'aide à enchaîner. En plus, le soleil est moins présent et la température baisse, ce qui m'arrange. Je suis toujours dans la forêt de Meudon. Je tire la langue dans une grosse montée, mais je sais que le ravitaillement est proche. En effet, des spectateurs sont présents lorsque je traverse une route pour rentrer dans le parc de la Mare Adam. J'y retrouve comme prévu Maman et Thomas.
Ravitaillement de Chaville, 55ème kilomètre
Observatoire de Meudon - Chaville (8Km (55Km) - 54min (6H46) - 673ème (586))

Inutile de remettre de l'eau dans le sac, il m'en reste suffisamment. Je prends par contre le temps de bien me restaurer, avec une soupe, un tuc, du fromage et une compote. Je sature un peu des aliments que j'ai emportés avec moi. Après avoir mangé, je mets mes manchettes et ma frontale. Je ne l'allume pas encore, mais au moins, je n'aurais pas à farfouiller dans le sac lorsqu'il fera nuit. Solen m'envoie pleins de textos d'encouragements, mais je n'arrive plus à en envoyer. Je demande à Thomas de la prévenir, puis repars reposé et motivé. Je suis "presque" arrivé. En plus, les ravitaillements sont plus rapprochés à partir de maintenant. Cela aide pour se donner des objectifs intermédiaires. J'allume rapidement ma frontale, j'aime bien y voir clair. Encore deux kilomètres de forêt et nous traversons Ville d'Avray pour entrer dans la forêt de Fausses Reposes. Il fait nuit noire et un peu frais. Mais en courant avec les manchettes, je n'ai pas froid. Comme à Millau, la tombée de la nuit me permet de retrouver un second souffle. Mon GPS me lâche peu après le 58ème (7H33 de course).  Je longe les étangs de Ville d'Avray, très joli coin de jour. Je suis de nouveau passé en mode automatique. Je ne connais pas vraiment les chemins, et la nuit aidant, je n'ai plus de repère. Le temps passe et les kilomètres s'enchaînent dans la forêt. Je pense que le prochain ravitaillement est au 63ème, mais en fait, il n'est qu'au 67ème. Je sors de la forêt et parcours quelques mètres dans une ville, puis j'entre dans un parc. Le temps se fait long, j'ai l'impression d'avancer, mais toujours pas de ravitaillement. J'essaye de calculer mon heure d'arrivée, pour passer le temps. Mon objectif me semble hors de portée. Je me vois finir autour des 10H30-10H45. J'ai une pensée pour Olivier, j'espère qu'il s'est accroché. Je remonte sur un trailer et lui demande à quelle distance est le prochain ravitaillement. Il me répond 3 ou 4 kilomètres, au fond du parc. Cela aurait du me mettre la puce à l'oreille, j'ai confondu l'entrée dans le parc de St Cloud et le lieu du ravitaillement. Mais je ne le comprends pas sur l'instant. C'est dur à encaisser car dans mon esprit, je me trouve donc vers le 59ème (en réalité je suis au 63). Je m'accroche quand même, le regard fixé sur le halo de lumière de ma frontale. Les kilomètres défilent, enfin, j'imagine. Finalement, un bénévole annonce le ravitaillement à 1 kilomètre, et l'arrivée à 11. Je le remercie, et comprends alors mon erreur. Tout à coup, je revis ! Plus que 11 kilomètres et je serais au pied de la Tour Eiffel. La distance me séparant du ravitaillement de Saint Cloud est vite franchie...

Chaville - Parc de Saint Cloud (12Km (67Km) - 1H49min (8H35) - 682ème (673))

Direction la Tour Eiffel, à 10 kilomètres de là
Une idée saugrenue me traverse l'esprit : si je passe sans m'arrêter, je peux finir en 10H ! Mais rapidement, je me raisonne, il faut que je mange et que je souffle. Je viens de mettre quasiment 1H50 pour faire 12Km, repartir du ravitaillement aussitôt serait franchement stupide. Je remets un peu d'eau dans le sac, et mange une soupe. Maman et Thomas sont encore là. Je leur dit que c'est dur, leur explique m'être trompé en lisant mon "roadbook". Mais je les rassure en leur disant que j'irais au bout, et leur donne rendez-vous au pied de la Tour Eiffel. Ils me briefent, "une dernière descente et 10 bornes de plat". Je me lève, les premiers pas sont durs. Thomas m'encourage et court (si !) quelques mètres avec moi. Je m'engage dans la descente, assez caillouteuse. Elle me fait mal, je manque de souplesse. Je descends doucement, en faisant attention pour ne pas tomber. Arrivé en bas, c'est le retour à la civilisation.
L'arrivée, vu du pont de Grenelle
Les voitures, les piétons qui nous dévisagent bizarrement (et je les comprends !), les sensations sont étranges après avoir passé la journée en forêt... J'essaye d'avancer du mieux possible, mais je manque de souffle. Même sur le plat, je suis obligé de m'arrêter de courir régulièrement. Pas mal de trailers me dépassent encore sur cette portion.
Je longe l'île Seguin et ses péniches sur lesquelles des gens font la fête. Moi aussi je veux faire la fête, je veux arriver à la Tour ! On passe sur l'ïle saint Germain, je demande à deux trailers la distance qui reste à parcourir. Ils m'annoncent 3 ou 4 kilos. Je continue à alterner course et marche, je bois aussi. Je ne regarde plus ma montre, je sais que je serais en plus de 10H, mais je sais aussi que ça ne se jouera pas à grand chose... Je retourne sur les quais, longe les installations industrielles... 
Que c'est long ! Je veux arriver maintenant ! La Tour me nargue. Plus je cours, plus elle semble s'éloigner ! Il faut dire que l'organisation n'hésites pas à nous faire faire demi-tour sur quelques mètres pour prendre par exemple le pont de Grenelle. J'essaye de ne plus marcher, mais je suis à bout. Encore une fois, les jambes pourraient, mais le souffle, non. Plus que 2 kilomètres. Elle est là, tout proche. Et en un instant, elle scintille. 22 heures, soit 10 heures de course. Idéalement, j'aurais du être arrivé. Je ne suis pas si loin. Moins d'un kilomètre. La déception est de courte durée. Les marches pour remonter au niveau du quai Branly sont en vue. Pleins de monde partout, l'ambiance est folle. Je les franchis rapidement, les coureurs sont ensuite guidés entre des barrières. J'attends quelques secondes au feu puis traverse. J'ai l'impression de faire  le tour de France et de gravir l'Alpe d'Huez ! C'est vraiment de la folie. Il y a un petit podium, devant le speaker. Je lève les bras et cours d'une bonne foulée, je l'ai fait ! Je repère Thomas dans la foule, je l'appelle. Je suis si content ! Je rentre dans l'escalier de la tour, après avoir récupéré mon billet d'entrée. Je commence à monter, mais ouf, c'est dur ! Satané souffle ! Je double quand même un trailer plus mal que moi. Je mettrais 5 minutes 8 secondes pour monter jusqu'au premier étage et passer sous l'arche d'arrivée !


Parc de Saint Cloud - Arrivée (11Km (78Km) - 1H34min (10H09) - 726ème (682))

Je me sens vide. Je prends un coca, m'assois sur un chaise. J'appelle directement Solen pour lui annoncer la bonne nouvelle. Ensuite, je préviens Maman et Thomas, et commence doucement à redescendre. Je prends l’ascenseur de service, puis les rejoins. On va rapidement récupérer mes affaires au stade et je me change. Je croise Arno dans le gymnase. Puis Anne et Philippe, et enfin Nico. On se quitte rapidement, on a tous besoin d'une bonne douche !

Je finis donc en 10H09, 726ème sur 1694 arrivants. Je rate mon objectif de peu, mais comme je pensais plutôt finir en 10H30-10H45 durant la course, je suis satisfait. J'ai pas mal souffert de la chaleur et du rythme soutenu sur les 20 premiers kilomètres. J'étais prévenu pourtant, mais entres les bonnes sensations et le fait de courir en groupe, c'est toujours le risque. La course est vraiment belle. Elle passe par toutes les forêts de l'ouest parisien, ça donne l'impression de courir à domicile. Les 10 derniers kilomètres sont plus laborieux, le décor change radicalement et n'a plus rien d'intéressant. Néanmoins, cette arrivée au premier étage de la Tour Eiffel vaut le coup, j'en redemande !
Merci à Maman et Thomas pour m'avoir mitraillé de photos et pour m'avoir soutenu aux différents ravitaillements, merci à Solen pour tous les textos d'encouragements, et à vous tous pour vos messages via le téléphone, facebook ou twitter. Bravo à tous les copains de la Rumba, 100% de finisher !


jeudi 8 mars 2012

CaP S09 [Prépa Eco S9] et Semi marathon de Paris

Semaine de course !

Jeudi 1er mars : Route (8,05Km en 40'32")
Un virus m'a mis sur le carreau le weekend dernier, et en début de semaine. J'attends donc que ça aille mieux avant de ressortir. Jeudi, je remets enfin mes baskets après une semaine sans aucune sortie ! Petit tour dans Fontenay, ça va vraiment mieux, mais je ne veux pas partir comme un fou. Au final, je cours vraiment au feeling, je me laisse aller, et ça fait du bien !

Samedi 3 mars : Route (15,03Km en 1H13)
Après une grasse matinée bien mérité, je me prends un petit déjeuner rapide et je pars direction le parc du château de Versailles. J'ai pas mal hésité sur la sortie du jour : grand canal, forêt de Bois d'Arcy, La minière... Finalement, je pars sur du classique et du plat, au grand canal. C'est une semaine de reprise, et une autre sortie est prévue demain, donc, il faut savoir rester tranquille. 

Dimanche 4 mars : Semi marathon de Paris
Samedi en fin d'aprem, Solen et moi prenons la direction de Paris, pour rejoindre Anaïs et Alex. En effet, la pasta party réglementaire aura lieu chez eux, et on restera dormir, histoire d'être un peu plus proche de la ligne de départ. Encore merci pour cette bonne soirée les amis ! 
Le réveil est fixé à 6H45 pour cette deuxième course de la saison, toujours en accompagnateur de Solen. Aujourd'hui, elle relève son défi après le "faux départ" de septembre dernier. Petit déjeuner du champion : jus d'orange coupé d'eau et pain ! Tout ce petit monde se prépare, nous avons rendez-vous à 8H15 avec Véro et Bouly, des amis d'Anaïs et Alex. Nous les retrouvons sur le quai du métro et nous continuons notre périple direction le château de Vincennes, dans une rame bondée. Ce sera un soulagement de sortir ! Sur le chemin vers la ligne de départ, nous repérons un endroit pour se retrouver. Il faut dire qu'on a des objectifs très différents : Alex en 1H30, Véro en 1H50, Bouly en 2H si son genou le laisse tranquille et nous en 2H30.  Échauffement léger, puis nous laissons les copains dans la queue de dépose des sacs pour rejoindre notre sas.
Du monde dans le sas +2H10
A 10H, le départ des élites est donné ! Ensuite, le premier sas se met en place, puis part, et ainsi de suite... Chose positive, pas de bousculade, quasiment pas de piétinement au moment du départ. Le revers de la médaille, c'est que dans notre sas (le dernier), le temps passe lentement, et le froid commence à me gagner. On franchira le sas de départ après une grosse demie heure, au moment où le speaker annonce que les premiers passent le 11ème kilomètres ! 
Depuis l'année dernière, le semi tourne à l'envers ! Et je dois dire que c'est pas plus mal ! Comme ça, ce sont les 5 premiers kilomètres (et non plus les 5 derniers), qui sont courus dans les bois de Vincennes sans trop de monde. Nous partons donc, je laisse Solen faire le rythme. Tout se passe bien, je sors l'appareil photo, on profite de l'ambiance. Le kilomètre 5 passe après 34'02". On est placé sur le coté droit de la route et on commence à guetter les spectateurs. En effet, Floco et Elsa, deux amis, nous ont annoncés qu'ils viendront surement nous voir passer entre le 5ème et le 6ème kilomètre. Et c'est Solen qui les repérera la première !

Kilomètre 6 : on est content de voir les copains !
On les quitte le sourire aux lèvres et on entre dans Paris. Tout se passe bien, on discute, et on continue d'avancer. Le rythme est un peu plus élevé que pendant les premiers kilomètres, mais Solen semble bien, alors, je la laisse continuer. Il faut dire qu'elle a une référence sur sa dernière sortie longue, 18,5Km en 6'47"/kilo. En plus, elle a réalisé cette sortie toute seule, alors, si elle fait moins bien aujourd'hui, j'entends déjà tout le monde dire que c'est de ma faute. En attendant, on tourne sur du 6'35", ce qui est tout à fait raisonnable ! Le 10ème kilomètre est passé en 1H06'52". Sur le ravito, je file chercher une bouteille mais aussi des raisins car Solen a un peu faim. Malheureusement, le ravito fait franchement de la peine ! Il ne reste que des oranges, pas de sucre, ni de raisins... Je ne prends donc qu'une bouteille, le minimum syndical. On arrive ensuite sur la Bastille, où on repassera dans un peu moins de 5 kilomètres. On rejoint les quais, puis passage obligé par la mairie de Paris avant d'entamer la rue de Rivoli, comme le parcours du marathon. Le ravito du 15ème arrive, j'y vais en espérant trouver quelque chose à manger. Je récupère quelques grains de raisin, un morceau de banane et un sucre, ouf ! Solen va pouvoir manger un peu, ce qu'elle fait en attaquant les raisins.
On se partagera en plus le morceau de sucre en passant au 15ème en 1H40'17". Pour Solen, ça commence à être dur. Je le vois, son visage se ferme peu à peu. J'essaye de l'encourager, mais je ne sais pas trop si elle en a besoin ou si elle ne préférerait pas que je me taise. Du coup, je me tais la plupart du temps et distille mes encouragements avec parcimonie. On continue d'avancer, mais on a perdu quelques secondes par kilomètre. Rien de grave, nous sommes toujours sur de bonnes bases. Mais ces rues sont longues, droites, et on a l'impression de ne pas avancer. On arrive de nouveau sur Vincennes, le long du zoo. Tout le monde est dans le dur, plus personne ne parle autour de nous. Il ne reste que le bruit des chaussures et de la respiration, je trouve ça vraiment impressionnant. Chacun est dans sa course, dans son effort. Je m'apprête à le faire remarquer à Solen, mais j'ai peur de la déconcentrer, de la gêner. Et puis, ça romprait le charme du moment... Peu après le 19ème kilomètre, épingle très serrée à gauche, on longe toujours le zoo et sa fameuse montagne. Des paroles de Benabar me reviennent en tête, mais bon, c'est pas trop le moment de me mettre à chanter... J'encourage Solen pour les derniers mètres, on passe entres les différentes lignes de photographes, on se rapproche pour être ensemble sur les photos. On voit l'arche d'arrivée, là bas, tout au bout de l'avenue ! Encore un effort, et voilà, nous passons la ligne d'arrivée en 2H21'31" (enfin, Solen, car officiellement, je mets 2H21'33 moi !!!) !
On a de la marge sur l'objectif initial ! Je suis vraiment très fier de Solen, elle a vraiment super bien couru. Je l'ai laissé faire le rythme sur ce semi, et elle a été vraiment très régulière. Alors, bravo ! Maintenant, il ne reste plus qu'à se trouver un nouvel objectif... :)
Pendant ce temps là, Alex, Véro et Bouly ont tous très bien courus ! Alex est juste un peu au dessus de son PB en 1H30'42, Véro finit en 1H49'39 pour un objectif en 1H50 pour son premier semi et Bouly, malgré 1 entraînement de 3Km et un genou en bois franchis la ligne en 2H05'10. Alors, je n'aurais qu'un mot : Bravo à tous !

Récap :

Une bonne semaine de reprise avec 3 séances dont une compétition. La moyenne est plutôt élevée pour une fois, plus de 12Km/H. Habituellement, je suis plutôt autour de 10Km/H. En tout cas, quelques courbatures après le bon weekend (36Km), mais qui sont parties rapidement. La fatigue accumulée n'est pas trop importante, ce qui devrait pouvoir me permettre d'enchaîner sur une dernière "grosse" semaine de préparation pour l'Eco Trail ! Encore une fois, bravo à Solen pour sa belle perf ! Je suis fier de toi !

jeudi 8 décembre 2011

La Rochelle : contrat rempli !

Dimanche 27 novembre, dernière course de la saison pour moi, direction la Charente Maritime pour courir le marathon de La Rochelle avec Julien. Mais tout à commencé 3 ans avant...

30 novembre 2008, je me prépare dans la voiture de Julien. Je vais courir mon deuxième marathon, à La Rochelle. Julien m'accompagne, et découvre l'ambiance, les coureurs... Mon marathon se passe bien, très bien même, record de l'époque battu, et je passe sous les 4H ! Et pour Julien, la mouche l'a piqué... Pour passer dignement le cap des 30 ans, il s'alignera sur le marathon de La Rochelle 2011 ! Le rendez-vous est donc pris, je l'accompagnerais. Alex, revenu des US, en profitera pour essayer de passer sous les 3H30 !
Et c'est comme ça qu'on se retrouve en sac poubelle...
On ne peut pas dire qu'il fasse vraiment beau en ce weekend sur La Rochelle. Samedi, nous profitons de la matinée pour aller nous dégourdir les jambes (3,75Km, 21'20") autours de Saintes. Durant l'après midi, nous faisons l'aller-retour dans un épais brouillard pour récupérer les dossards. Dans la voiture, les bavardages vont bon train, les objectifs, les tenues, tout est passé en revu ! Pour les objectifs, c'est assez simple : Alex vise moins de 3H30, et il me semble bien entraîné pour. Pour Julien et moi, c'est avant tout de finir dans de bonnes conditions. Après avoir un temps hésité à viser les 4H, on décide de plutôt partir sur du 4H15. Mais ça, c'était avant, avant que dans la discussion, je ne dise avoir fini mon premier marathon en 4H12 et quelques secondes. Et voilà donc l'objectif revue et corrigé, avec en ligne de mire 4H10 ! Au niveau des tenues, pas de pluie de prévu, et une température fraîche mais pas trop. La sortie du matin a en plus permis d'affiner les choix. Pour ma part, ce sera chaussettes de compression, t-shirt "compression", manchettes et mon beau t-shirt de Millau, pour me faire remarquer... :)

Alex, Julien, et moi, à quelques minutes du départ
Nous rejoignons le départ environ 30 minutes avant le début de la course. Nous prenons une rue transversale pour l'échauffement et c'est parti pour une vingtaine de minutes de footing à petite allure. Nous prenons ensuite place dans nos sas. Alex part devant, tandis que nous restons gentillement derrière. Le départ des handisports est donné à 8H50, et le notre... à 8H55 ! C'est parti pour 42 kilomètres 195 !

Départ au Semi : 2H04min27
C'est partiiiiii ! Il y a un peu de monde, et on se dirige en marchant vers l'arche de départ. Je répète à Julien qu'il ne faut pas s'enflammer, qu'il ne faut pas partir trop vite... Je ressors tout ce que je connais, il faut dire que mine de rien, j'ai la pression ! Pas le droit de flancher, aujourd'hui, je ne cours pas pour moi ! On veux se caler sur du 5'45 au kilo, et marcher aux ravitaillements le temps de se ravitailler. Le départ est plus lent que prévu, la faute au monde, on marchera même dans le premier virage. Mon oncle nous a accompagné ce matin, nous le croisons au bout de quelques kilomètres. Premier visage connu, le reste de la troupe devant nous rejoindre à peut près au moment de passer le semi. Tout se passe bien, même si le temps se dégrade encore un peu. La bruine fait son apparition, mais elle n'est pas réellement gênante pour nous. Les kilomètres s'enchaînent, et on commence à entrer petit à petit dans le rythme. Effectivement, nous sommes partis plus lentement que prévu : 32 minutes 28 pour les 5 premiers kilomètres. Ça ne m'inquiète pas, je sais que le temps perdu en début de course peut être compensé par la régularité, et je préfère grandement ça que partir trop vite. J'explique tout ça à Julien, pour ne pas qu'il se prenne la tête avec le chrono. Au bout d'environ une heure de course, la bruine s'arrête et le temps se découvre petit à petit. On est bien dans le rythme, les ravitaillements s’enchaînent bien, on réussit à ne pas se perdre de vue, ouf ! Il y a quelques faux plats sur le parcours, j'essaye de les "noter" pour le deuxième tour. Julien semble bien, il discute, et semble de ne pas forcer, c'est bon signe ! L'ambiance est bonne, il y a pas mal de spectateurs, et j'ai même droit à quelques spéciales dédicaces avec mon t-shirt de Millau ! Il y a quelques coureurs déguisés, il y a même une personne  sur des échasses qui nous a doublé dans les tout premiers kilomètres...
Le semi se rapproche, et avec lui le passage sur le port, et dans la vieille ville. Nous nous rapprochons de l'arrivée, et on commence à entendre très nettement le speaker qui s'existe dans le micro ! Mais il y a de quoi, le premier est en passe de battre le record de l'épreuve ! On comprend qu'il risque de nous doubler avant qu'on entame la deuxième boucle, ce qui ne plait pas trop à Julien. Le speaker continue de crier, et bientôt, juste après le ravitaillent du 20ème, les premières motos nous dépassent ! Puis c'est J. Komen qui nous double. Je trouve ça super impressionnant de le voir en plein effort. Les coureurs se poussent, et se joignent aux spectateurs pour l'encourager, il y a vraiment une grosse ambiance sur son passage. Il battra le record de l'épreuve, qui datait de la précédente édition, en 2H07'12"... Énorme...

Semi à l'arrivée : 2H05min50
Mais revenons à notre course à nous ! Le semi est passé en 2H04, pile dans les temps. Julien résiste bien, les jambes sont encore là, le souffle aussi ! Nous recroisons mon oncle, mais pas le reste des supporters. Ils avaient prévu d'arriver à ce moment, mais avec un petit de 2 ans, c'est parfois un peu compliqué ! Je ne sais pas trop si ça a perturbé Julien, dans le doute, j'essaye de le "rassurer", et lui dit qu'on ne tardera pas à les voir... On reprend notre route, le rythme est assez régulier, je suis content ! J'essaie de lui parler, les donner des petits conseils, pour bien gérer les faux plats montants, essayer de s'économiser dans les descentes... Je pense que je dois commencer à me répéter, mais bon... On maintient bien le rythme, autour de 5'50" au kilo, en gérant les ravitos comme prévu en début de course. Mais petit à petit, je sens que Julien commence à baisser de rythme, il parle un peu moins, et les faux plats se font plus sentir. On décide de maintenir le rythme quand même, et de gérer ça comme ça vient. Ca commence à être dur vers le 30ème (2H57min49sec). C'est marrant d'être du coté du gars qui accompagne, qui rassure et qui encourage. J'ai des images de Millau qui me remontent en tête à ce moment là de la course. Je demande à Julien comment il se sent, ça commence à être dur. Je passe en mode encouragement, lui dit que c'est normal, qu'il a bien tenu le coup jusque là, qu'il peut réussir, et qu'on est encore pile dans l'objectif. Qu'on ne va pas tarder à avoir des encouragements personnalisés, et c'est autour du 31ème kilomètre que cela se produit ! Quel plaisir de voir tout le monde sur le bord de la route !

Y'a pas à dire, mais ça reboost ! On repart plus léger pour quelques minutes, ça fait du bien. Maintenant qu'on les a vus une fois, on sait qu'ils sont là, et on est impatient de les revoir. C'est de plus en plus dur pour Julien, mais il s'accroche ! On passe les 32, plus que 10 ! Dans un faux plat descendant autour du 34ème, on entend nos supporters avant de les voir, ça donne la banane !

Après les avoir dépassés, Cécilia nous rejoint en courant, elle veux savoir si tout va bien. Après ce sprint, je pense que je vais pouvoir l'embaucher pour un prochain marathon ! En attendant, il faut finir celui-ci ! On passe le 35ème en 3H26min58sec, toujours sur des bases de 4H10. J'encourage Julien, je tente de positiver au maximum, le félicite, lui dit que c'est possible, qu'on doit juste continuer comme ça. Mais c'est dur, c'est dur ! Surtout que la partie qui arrive m'avait semblé très longue lors de ma première participation. Nous avons à ce moment là une grosse pensée pour Alex, en espérant qu'il est proche de l'arrivée pour pouvoir boucler ce marathon sous les 3H30. Nous doublons pas mal de gens, et le rythme ne faiblit pas. On encourage de temps en temps quelques coureurs en galère, et on remercie les quelques spectateurs sur cette portion. Je me dit que si Julien est encore capable d'encourager les autres, c'est qu'il n'est pas au bord de l'explosion.
Je compte les kilomètres. Julien a eu du mal à repartir lors de notre marche du ravito au 35ème kilomètre, il me propose de ne pas s'arrêter au 40ème. Je le laisse gérer, car, comme nous n'avons sauté aucun ravito depuis le début, celui du 40ème n'est vraiment pas primordial. Puis, il change d'avis, les crampes ne sont pas loin, ça lui fera du bien de marcher un peu. Je l'encourage, en lui disant que même dans ces conditions, le 4H10 nous tend les bras. Je le laisse marcher au milieu de la chaussée et me transforme en porteur. Je lui amène de l'eau et du pain d'épices (on tourne tous les deux à ça depuis le début). Une fois tout avalé, je l'encourage, et on recommence à courir. Il y a de plus en plus de monde, je me lâche complètement et réclame des encouragements à chaque fois que les spectateurs sont trop calmes à mon goût ! :) La rue est très étroite, on se croirait sur le tour de France, c'est vraiment excellent ! L'arrivée approche, je le tire littéralement et me casse la voix à l'encourager. Nos supporters sont sur la droite et hurle, Alex est avec eux et donne de la voix ! Julien ne les voit même pas et moi, je continue à hurler, tellement content qu'il ait si bien tenu ! L'arche est franchie en 4H10min17sec, objectif rempli !

Fier de mon poulain !
Nous recevons notre bourriche d’huîtres et les coupes-vent habituels, puis nous dirigeons vers la zone d'arrivée, pour attendre tout le monde. Sauf qu'on ne s'est pas donné vraiment de lieu de rendez-vous. Julien s’assoit sur un trottoir pendant que je monte la garde. C'est Alex que je vois en premier, on échange nos temps, il a lui aussi super bien réussit son marathon ! Puis nous sommes rejoints par le reste de la troupe, tout le monde a l'air content, et on reçoit leurs félicitations.



Au final, un très bon marathon, temps pas loin d'être idéal, super ambiance... J'ai trouvé ça excellent d'être du coté "accompagnateur", c'est vraiment une autre course. J'ai pris beaucoup de plaisir à accompagner Julien, à suivre son entraînement à distance, à essayer de répondre à ces questions, à l'encourager quand ça devenait dur ! Julien, tiens moi au courant pour ton prochain défi (j'annonce, un trail d'une trentaine de kilomètre), car je t'accompagnerais une nouvelle fois avec grand plaisir !




lundi 7 mars 2011

Trail de Giverny : balade en bord de Seine

A S-3 de l'Eco Trail, nous avions prévu de participer au trail de Giverny. Au programme 11, 22 ou 42Km. 22, c'est léger, 42, ça commence à faire beaucoup dans l'optique de l'Eco qui se précise. Mais bon, vous me connaissez, j'ai assez rapidement choisit de me présenter sur le 42, avec pour seul objectif celui de me faire plaisir en faisant une sortie un peu plus longue que d'habitude. Pour courir ce trail dans les meilleures conditions, j'ai fait sauter une séance cette semaine, et le début de la semaine prochaine sera consacrée à la récup avec repos complet lundi, vélo en salle mardi et mercredi, et retour à l'entrainement jeudi soir. Dimanche, ce sera la dernière sortie longue, 2H-2H30, en fonction de la récup.

Mais bon, revenons-en à ce dimanche matin. Le départ du 22 et 42 est donné à 10h, ça permet de ne pas se lever aux aurores, et c'est plutôt agréable ! Le réveil sonne donc à 6H45, pour un rendez-vous à la mairie de Bois d'Arcy à 7H50. J'avale la moitié de mon gâteau sport maison "Fartleck scandinave" (qui, soit dit en passant, s'est vraiment mieux mixé que d'habitude) avec un café léger, puis prépare le sac. Court, long, comme d'hab, je prends tout et je déciderais sur place ! Le Camel est chargé avec 2 litres de boisson isotonic, la trousse d'urgence, téléphone, appareil photo, coupe vent et quelques barres maison.

Je retrouve les 16 RUMBAïens (6 sur le 42, 10 sur le 22) sur me parking, et me voilà avec Manu et Laurent direction Vernon. On trouve une place rapidement, et on se retrouve tous au retrait des dossards. Un t-shirt technique ASICS de plus et le dossard 1033 sur le dos, on retourne à la voiture se changer.
Manu                                                             Laurent

Il y a un super soleil, mais un peu de vent. Surtout, il ne fait que 1,5°C au thermomètre de la voiture ! Ce sera donc du long partout, bonnet et gants de soie ! Certains sont en short et débardeurs, je ne sais pas comment ils font ! On se retrouve tous derrière l'arche de départ, à papoter de l'objectif du jour, du prochain, des ravitos ou de la température... D'ailleurs, Laëtita m'apprend que le ravito est à la fin d'une grosse montée, au 11 puis au 28ème (deux boucles sur le 42). Un petit briefing, un décompte, et c'est parti ! Philippe Laurent et moi avons prévu de suivre Anne, histoire de ne pas courir trop vite et rester dans l'objectif "sortie longue". L'objectif sera 4H30 à 5H. 

Le parcours avec une idée du dénivelé

Et c'est parti à 10H tapantes. Les deux premiers kilomètres sont avalés en 5'31 et 5'24. C'est plat, sur l'herbe, le long de la Seine. Il fait beau, le soleil brille, mais le rythme est un poil élevé. M'enfin, c'est le début, il faut en profiter hein !

On a la Seine à droite, une route à gauche et derrière une colline. On croise les concurrents du 11km en sens inverse. Le premier mettra 56'. Puis nous traversons la route, et on entame la montée. Sacrée montée, pendant un petit kilomètre... Ca débute par une petite portion asphaltée, puis direct en forêt. On ressort sur un large chemin, roulant et ensoleillé, qui surplombe la Seine. Pas mal du tout ! Pas mal, sauf les mollets, qui se sont contractés dès le début de la montée. Bizarre, peut être pas assez chaud, en tout cas, la sensation est pas top, et il me faudra 2 ou 3 bornes pour qu'ils se relâchent complètement. On reste un long moment sur ce chemin, avec parfois quelques montées-descentes. Le paysage est vraiment sympa, mais comme on repassera là durant le deuxième tour, je me dis que je sortirais l'appareil à ce moment là. Les kilomètres défilent bien, la plupart entre 5'30" 5'45" au kilo, soit plus rapide que prévu. Mais le petit groupe à l'air bien, alors, on continue. On entame une deuxième belle montée, large, mais avec des pierres, sur 600 ou 700 mètres. On passe le 10ème kilomètre dans cette montée, et on arrive au ravito. Une petite table, coca, eau, pain d'épice, bretzel... Bref, un coca dans le gosier pour faire passer la poignée de bretzel... Et puis une deuxième poignée dégustée en repartant tranquillement. Je bois bien, le rythme est peut être un poil élevé par rapport à l'objectif, mais bon, tout roule pour le moment. Les 3 autres ont pris un peu d'avance pendant ma petite pause technique, et je les rejoins sans me presser. On redescend un peu par une descente sèche, très dure, entre le 14 et 15ème. Les cuisses et les genoux morflent un peu, mais je ne suis pas le seul à le sentir. On repart ensuite en sens inverse, à quelques dizaines de mètres du chemin pris à l'aller.


Anne reçoit un sms, et elle commence à se plaindre. Pas de montée à l'horizon, elle ne peut pas le lire ! Bah elle va être servie, par un nouveau coup de cul bien raide qui nous ramène sur le plateau. Ensuite, une partie un peu longuette, à travers champs. Le vente souffle, pas tip top, pendant 3 kilomètres...


Encore un kilomètre en forêt, plutôt descendant. Et voilà, premier tour bouclé, 19 kilomètres en 2H00 ! On se retrouve dans la première montée.

 


La montée est finie ! Au moins, on sait maintenant tout ce qui nous attend ! Le rythme a légèrement baissé, mais nous sommes toujours sous les 6 au kilo sur les portions plates. J'ai un bon regain de forme, et je prends la tête du groupe. Un spectateur (ou un bénévole, je ne sais plus), annonce Anne comme 3ème féminine. Une autre course commence, car on est talonné par la 4ème (Wendy, après vérif sur le classement final)... Marrant comme on se prend au jeu alors que le but de ce trail n'était pas du tout de faire un temps. 


On continue donc sur ce rythme. Je prends parfois un peu d'avance, mais je relâche toujours pour attendre les copains. Le duel s'intensifie un peu, Wendy étant à l'aise dans les montées. D'ailleurs, on arrive maintenant dans la montée menant au ravitaillement. Laurent est devant, puis Philippe et moi, Anne est avec Wendy, elles discutent un peu. Je reprends un coca au ravito, chips, bretzel, et je me fais plaisir sur le chocolat au riz soufflé... Je me fais d'ailleurs un peu trop plaisir, je vais avoir du mal à faire passer tout ça et je vais me sentir lourd sur les 3 / 4 kilomètres qui arrivent... Je sais pas ce qui m'arrive, je deviens fou lorsque j'arrive sur un ravito, et je veux tout manger... J'avais déjà abusé de la Tagada lors de l'Ice Trail de cette année... Bref, ne pas se jeter sur la bouffe lors de l'Eco Trail !!! Rebelote pour la descente "qui fait mal", puis retour sur Vernon. Je commence à sentir un peu la fatigue, mais pour l'instant, tout va bien. On avance encore bien sur cette portion, jusqu'à la montée qui nous ramène sur le plateau.
 


La suite est un peu moins drôle pour moi. J'ai du mal dans la portion "champs". Je suis pas le seul d'ailleurs, Laurent fera craquer un traileur en prenant sa foulée pour se protéger du vent, et on perdra définitivement Wendy qui s'accrochait bien jusque là ! On arrive finalement assez vite à la bifurcation qui nous ramène pour traverser la route. Plus que 2 kilomètres annoncés par les bénévoles, les calculs de Philippe étaient bon, le trail fait entre 38 et 39 kilomètres et non 42. Pour le dénivelé, on est sur du 750-800 D+. Le retour vers la parc de Vernon est une formalité, mais bien agréable, "au pied" de la Seine.

Bref, un super trail, avec un parcours vraiment très très agréable, couru un bonne compagnie et sur un rythme respectable ! Le classement est un peu moyen, dans la deuxième partie de tableau (44/64 au général, et 19ème SE sur 22). Daniel finit premier vétéran et 5ème au scratch en 3H13, et Anne première vétérane en 4H08. Tous les RUMBAïens ont le sourire, c'est le principal ! Bravo à tous !

Après une bonne nuit de sommeil, je suis super content, car les jambes sont juste un peu lourde. Pas de courbatures, pas eu d'ampoules, pas de crampes, bonne récup... Je maintiens le vélo pour mardi et mercredi quand même, histoire de ne pas accumuler trop de fatigue, même si ça me démange un peu d'aller courir mardi... :)


Pour conclure :

Et pour ceux qui en veulent encore plus...