Dimanche, 6H55
Un petit groupe (120-125) se presse sur la piste, et écoute les deux bénévoles. Rappel des consignes de sécurité, du balisage, et de l'unique barrière horaire : 3H30 pour passer le 25eme. Les coureurs arrivant en retard seront déroutés sur la fin du 35Km. Ok, ce sera donc un premier objectif qui parait vraiment jouable.
Dimanche, 7H
Attention, top départ ! Je me place directement sur la dernière ligne. Impatient d'en découdre certes, mais surtout pas envie de partir trop vite. Je me dis qu'en me mettant derrière et en suivant ce rythme, je devrais pouvoir partir tranquille. On part donc, je suis sereinement dans le top 10 en partant de la fin, mais pas de souci, je suis à ma place. Le premier kilo, plat, est fait en 6'25". Après 1,6Km, petit bouchon, pour entrer dans la forêt. Ça commence à monter doucement sur environ 600m, je continue à courir en faisant attention à mon souffle. Je reste à quelques dizaines de mètres et à une dizaine de coureur du vélo balais, sur mon petit rythme. Je cours tout seul, j'entends deux mecs parler derrières, ils ont l'air marrant, mais je n’ai pas envie de ralentir, faut pas déconner non plus ! Le parcours reprend quelques portions du marathon que je reconnais. Quelques montées, quelques descentes, surtout sur du bitume, pendant lesquels je garde le même rythme.
On entre dans la forêt, et les chemins se font plus étroits. Haaaaaa, le trail commence ! Le parcours est vallonné pour le moment, mais sans grosses difficultés, je cours donc tout le temps, sur des allures oscillantes entre 6'10" et 6'20". Tranquille et constant, la bonne formule (enfin j'espère !). Je sens que quelqu'un revient sur moi. Dans une petite montée étroite, où je ralentis, je lui propose de me pousser pour le laisser passer. Il me répond « non merci ». On continue donc comme ça, et je me dis que ça risque de durer longtemps. J’ai envie de discuter un peu, mais bon, pas évidement, c’est assez étroit, un peu cassant, je me dis que c’est pas le moment... Première difficulté, je commence à marcher. Je relance sur le plat ou en descente, avec toujours ce coureur collé aux basques. Au final, ça me fait augmenter légèrement le rythme, ce n’est pas plus mal. On remonte d'ailleurs sur un traileur à bâtons, maintenant en ligne de mire. Arrive une grosse montée, je prends une petite barre de céréale en marchant, le repas commence ! Je suis dans mes pensées, et j'avoue que je ne fais pas trop attention aux rubalises, surtout avec ce traileur quelques dizaines de mètres devant. D'un coup, j'entends mon suiveur qui m'appelle. A ouais, bien vu, il fallait tourner à droite... Par contre, aucune trace du mec qui nous précédait. Je crois bien qu'il a tracé tout droit lui aussi... Demi tour (wouha, au moins 3 mètres en rab ! :), et nous voilà cote à cote. J’en profite donc pour commencer à taper la discute. La course, le rythme, les Templiers (il l'a fait deux fois), tout y passe. Il prend maintenant des relais et me prend systématiquement quelques mètres dans les descentes, mais je reviens tout de suite sur lui sur le plat. Tout roule, je suis bien, il fait beau, mais encore un peu frais. J'essaye de me faire plaisir sur quelques petites descentes en allongeant la foulée, mais je reste calme. C'est là qu'arrive le premier ravito ! Hop, 16Km600 en 1H48min (6'38" au kilo en moyenne). Comme prévu, je prends mon temps. J'enlève mon Camel, prends un verre de coca, mange quelques Tucs. Je laisse les bananes, oranges et autre pain d'épice pour les autres... Je prends le temps d'envoyer un petit message à Solen, histoire de la rassurer "16ème kilo en 1H49, tout va bien !". Je reprends mon sac, et là, mauvaise surprise... La "tétine" a trainé dans la poussière, youhouuuuu. Ca m'apprendra à faire gaffe à mon matos... Petit lavage dans un verre d'eau avant de repartir, mais bon, la première gorgée sera spéciale... Aller, plus que 23 kilomètres avant le prochain ravitaillement !
Mon nouveau pote m'a attendu, alors, on repart ensemble. On rattrape encore un gars ou deux, au fur et à mesure, mais bon, vraiment doucement. Et puis, on nous double pas, c'est déjà ça de pris ! ;) D'ailleurs, on a un nouveau pote, on est trois maintenant ! Arrive le 20ème kilomètre, premier (et seul !) Check Point du parcours : 20Km en 2H16min, 105/120 (soit 6'46" de moyenne).
Du 20 au 26eme, le parcours est relativement plat. Je les avale bien (6'24" en moyenne dont un en 5'59"). Bien sur, je commence à sentir les jambes, mais c'est encore bien gérable. Je continue sur le même rythme, marche en montée, je m'alimente bien et je bois régulièrement. Je prends mes distances sur mes deux compagnons à la faveur de longues montées (mais pas trop raide) sablonneuses et de quelques descentes rocailleuses. J'arrive vers le 30eme, encore une longue montée de sable en pente douce. Je croise deux promeneurs, les saluts. Le monsieur me demande "vous en êtes à combien ?". "Déjà 30 kilomètres de fait ! Mais il en reste encore 20 !". Il n’en revenait pas ! Bon, bah c'est pas tout ça, mais j'ai une montée à finir moi... Elle semble encore bien longue, et je suis tout seul. Du coup, je sors de mon sac du ravitaillement pour remplacer ce que j'ai déjà consommé, et j'en profite pour lire le message de Solen reçu peu de temps après le premier ravito. Elle m'encourage et pense à moi, cool !

Devant / Derrière - Si, je vous jure, ça monte (doucement) - 30eme kilomètre, 3H25
Les cuisses tirent, mais je sens surtout les abducteurs... Sinon ça va ! J’ai un peu chaud, mais il y a un peu de vent. Je remonte les manches du t-shirt, car j’ai peur d’avoir froid en l’enlevant, alors, je test comme ça. Et je resterais ainsi jusqu’à l’arrivée.
Commence un long périple solitaire, sur des allés larges et roulantes. Quelques montées aussi, histoire de s’amuser un peu. Et arrive la meilleure portion du parcours, environ 1,5 à 2 kilomètres de single track en sous bois, bien cassant. Les bruyères commencent à pousser, le sol est souple grâce aux épines de pins (qui cachent quand même quelques cailloux et racines)… Un vrai régal. Vraiment, à ce moment là, je me suis juste senti super heureux d’être ici quoi… Je remonte d’ailleurs rapidement un coureur qui n’a pas l’air bien, ce qu’il me confirme. Je lui propose même à manger (avec tout ce que j’ai dans le sac…), mais il lui en reste. Juste, il n’en peut plus, et il reste encore de la route… Je le distance rapidement, et remonte sur un autre coureur. Pourtant, je n’ai pas augmenté le rythme. On continuera ensemble, en discutant de nos expériences : il revient de blessure et à fait le Marathon des Sables « dans sa jeunesse ». Wouhaaa, trop la classe ! On a maintenant rejoint le tracé du 20Km, je reconnais certains endroits, mais je n'arrive pas à anticiper sur les difficultées à venir. Je reconnais néanmoins qu’on approche du deuxième et dernier ravitaillement, normalement au 39eme. Bizarre, mon GPS m’indique 36,5… Je prends une nouvelle fois mon temps, lecture du message de Solen, envoi d’un autre. Les bénévoles (très gentils, comme d’habitude ;) nous confirme qu’il reste 11 bornes. Plus qu'à gérer maintenant, le plus dur est fait... Après avoir une nouvelle fois avalé coca et tucs, on repart à deux. Rapidement, mon compagnon tarde à relancer sur le plat, et je me retrouve encore tout seul. Il y a quelques cotes bien casse-pattes dans ce secteur, puis des chemins plus larges et plats. Je franchis le kilomètre 42,195 tout seul, un grand sourire aux lèvres…Je fini par remonter un nouveau traileur. Encore une fois, on discute un peu, le temps passe plus vite et la relance est plus facile. Plus que quelques kilomètres, je déroule maintenant.
Une nouvelle fois, alors que je relance gentiment après une cote, je me retourne et vois qu’il ne suit plus. Il me lance un « A tout à l’heure, moi j’en peux plus ». Je reconnais les chemins par lesquels nous sommes passés à l’aller, c’est du bon ! Du plat, puis une longue descente en pente douce un peu piégeuse (à cause des racines, des cailloux et de la fatigue) au bout de laquelle je doublerais encore deux personnes. Allé, 1 kilo, 2 maxi et c’est fait. J’ai même un nouveau traileur en ligne de mire, mais il recommence à courir et je n’arriverais pas à revenir sur lui. Le stade est là, plus qu’un tour de piste… Bouclé !
48,5 Km en 5H47 (7’09’’kilo – 8,4 Km/H – 97/120)
Un peu fatigué quand même... :)
Le premier fini en 3H58min49sec et la première féminine (16eme) en 4H31min03. Un autre monde…
Voilà, j’ai finis mon premier ultra. Petit ultra, certes, surtout qu'au final, on n'atteint pas les 50Km. J'ai d'ailleurs l'agréable sensation à l'arriver de me dire que j'aurais pu continuer encore quelques bornes. Mais il faut bien commencer par quelque chose ! Et je suis super content de ma course. Clair que le rythme est pas fabuleux, mais je suis sous les 6h, chose que j’avais en tête sans être vraiment un objectif. J’ai relancé après toutes les montées, courant sur le plat et dans toutes les descentes (contrairement à mes trails précédents), et j’ai vraiment eu le sentiment de maitriser mon rythme et d’avoir pris du plaisir. Etre là, enfiler les kilomètres sans me soucier du chrono final, en essayant de gérer mon effort dans les montées et mon alimentation, en discutant avec les autres concurrents... Le lendemain, quasiment pas de courbatures, mais les articulations un peu grippées. C’est maintenant globalement rentré dans l’ordre, mais ça ne va pas m’empêcher de m’offrir deux semaines de repos avant de me replonger dans l’entrainement, avec mon premier vrai ultra en ligne de mire, les Templiers en octobre.

Enfin, bravo à Patrick Buthier qui boucle le 35Km en 3H10 (5ème V2H). Bravo aussi aux Rumba alignés sur le 20 : Aurélie et Philippe qui mettent 1H59min59 et Anne et Valérie en 2H07 ! Le CR, c'est ici ! Par contre, pas bravo à Jonath qui n'est que3ème sur le 20Km, en 1H27min40sec ! :)